The kanji of the moment (in French).

髭 – higé, la barbe

– la barbe

9 mars 2013 (土)

Après un faux départ, on s'installe dans le printemps avec un deuxième coup de fœhn qui nous débarasse des frimas. Il est temps de couper la barbe-qui-chauffe-en-hiver avant qu'elle ne devienne la barbe-qui-gratte-en-été.

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乾 – kawa(ku), KAN, sécher, sec

– sécher, sec

2 décembre 2012 (日)

Décembre et toujours en sandales. L'hiver est une saison sèche à Tôkyô. Pas sûr de pouvoir faire de même à Strasbourg. Nous arriverons à la mi-Décembre, et trinquerons à votre santé pour la nouvelle année dans l'avion du retour, avec les autres passagers qui comme nous ont trop traîné pour prendre leurs billets. Santé ! Ça se dit Kampaï ! (乾杯), ce qui veut dire littéralement « verres secs ».

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賞 – chô, un prix

– chô, un prix

8 octobre 2012 (月)

Un petit schnaps pour fêter John Gurdon et Shinya Yamanaka, dont les travaux permettront peut-être de faire repousser le foie de ceux qui en boivent trop.

Prix Nobel se dit ノーベル賞, avec les katakanas pour Nobel, et le kanji pour prix. Dans ce kanji, on trouve 貝, le coquillage, car le coquillage était une monnaie d'échange en Chine (très) ancienne. On retrouve aussi cet élément dans 貸 (emprunter), 員 (employé), 買 (acheter), 賀 (féliciter)...

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減 – he(rasu), diminuer, réduire

– he(rasu), diminuer, réduire

3 mars 2012 (土)

Pour financer la reconstruction des zones sinistrées, le gouvernement vient d'amputer pour deux ans les salaires des employés publics d'environ huit pour cent. Dans mon centre de recherche, les négociations ont démarré avec le syndicat pour voir comment répartir ça plus équitablement : un mois en moins, ça n'a pas le même effet quand on on est cadre ou quand on gagne le minimum. Sans parler que le 31 mars 2013, notre unité sera renouvelée, ce qui signifie que tous les contrats de travail arrivent à échéance. Cela fait plus de cinq ans que l'on embauche plus en CDI. Mais les employés du public on bon dos. L'année dernière le gouvernement avait déjà supprimé les subventions aux repas à la cantine. Là encore, 100 yens de plus à payer tous les jours (on a nulle part ailleurs où manger dans notre zone industrielle), ça ne fait pas le même effet selon le poste qu'on occupe. Dans les mois prochains, le gouvernement prévoit aussi de doubler la TVA. Manifestement, ce n'est pas le gouvernement des citoyens à revenus modeste (dixit wikipedia).

Quand les salaires se réduisent, l'estomac aussi. En japonais, « j'ai faim » peut se dire « mon ventre a réduit », hara hetta, ou o-naka ga sukimashita, « j'ai le vendre vide ». Le premier est plus masculin que le second. Il semble que référer à son ventre comme hara est une habitude masculine, peut-être parce que dans la tradition chinoise il est le siège de l'énergie intérieure, qui apporte courage et discipline.

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賀 – GA, félicitation

– GA, félicitation

Premier janvier 2012 (日)

Une année s'en va, et des millions de cartes de vœux s'envolent. Nous sommes maintenant l'année du dragon et Nabiko a choisi celui-ci pour les nôtres. Comme le veut la tradition, elles comportent aussi un numéro de loterie. Allons-nous envoyer un pactole ?

Un dragon en trèfles.

La carte de vœux se dit nengajô (naine–gars–Joe), où nen (年) signifie l'année et ga (賀) les félicitations. On peut voir dans ce dernier caractères trois composants: la force (力), la bouche (口) et le coquillage (貝). Est-ce parcequ'au Japon aussi, on mange beaucoup de fruits de mer à la fin de l'année ?

On dit que le premier jour de l'année préfigure tous les suivants. Nous verrons bien si j'écris un kanji du jour plus souvent. Côté tremblements de terre, je viens de voir dans un journal français un de ces articles écrit à grand renforts de texte copié-collé qui en annonçe un qui a fait « vaciller les immeubles de Tokyo ». Il se trouve que certaines îles du Pacifique sont attachés à la ville de Tôkyô, et que ce séisme a donc eu lieu à des centaines de kilomètres. Si ça préfigure l'année, on tient le bon bout…

Bonne année à tous !

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暑 – atsu(i), chaud

– atsu(i), chaud

14 août 2011 (日)

Kanji intéressant contenant deux fois le soleil (日), donnant l'impression d'écraser son élément central… sous la chaleur bien sûr. Après un intermède pluvieux, la chaleur estivale est de retour. Dans les train, à la télévision et sur Internet, on peut trouver l'état de la consommation d'électricité, exprimée en pourcentage de la capacité de production. Les grandes entreprises se sont concertées pour décaler leurs pics d'activité, et beaucoup de japonais ont vu leurs deux jours de week-end déplacés en semaine. Au laboratoire, on n'allume l'air conditionné que lorsque la température va dépasser 28 degrés.

Lors de mon premier été au Japon la chaleur me donnait des maux de tête, mais depuis je me suis adapté. Au point que les années précédentes, je souffrais de travailler dans des pièces surclimatisées, parfois à 22 degrés. Cette année au moins, ce n'est plus la guerre des réglages, c'est vingt-huit degrés, et ça ne se discute pas. Ça n'est pas toujours confortable ; il faut en particulier un petit moment pour refroidir après avoir fait un effort physique comme venir en vélo le matin. Mais le jeu en vaut la chandelle : pas de coupures de courant programmées.

Ce que j'en retiens, c'est qu'avec quelques sacrifices mais sans grand bouleversement, il est possible de réduire la consommation d'électricité d'une grande région. Donc pour un pays dont seule une petite partie de la production serait nucléaire, sortir du nucléaire serait aussi facile que d'arrêter de fumer : « demain si je veux ».

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